Mon enfant a-t-il un retard scolaire ou un trouble des apprentissages?

Mis à jour : mars 28

Le site Eduscol rapporte qu’entre 16 et 24% des élèves européens ont des besoins éducatifs spéciaux, d’après une enquête effectuée en 2015 par l'European Association for Special Education.

Ces élèves en situation « d'échec scolaire » se répartissent de la manière suivante :

· 2 à 3 % ont une déficience certaine (déficit sensoriel, mental ou moteur)

· 4 à 6 % présentent des « troubles développementaux spécifiques des apprentissages » : dyslexie, dysphasie, dyspraxie, etc

· 10-15 % ont des retards dont les causes sont d’ordre psychologique, culturel, social ou économique.



D’après le Docteur Alain Pouhet et Michèle Cerisier ergothérapeute [1],

"dans ces trois cas, les conséquences sont les mêmes :

l’élève est en difficulté d’apprentissage.

Il présente les mêmes symptômes mais avec des causes différentes".


ETAPE 1 : LES SIGNES D'ALERTE


Au départ, face à un enfant qui en difficulté, on va parler de « retard ». Les parents et les enseignants s’interrogent :

  • Les parents constatent que leur enfant n’est pas efficace dans son travail : les notes obtenues en classe ne sont pas à la hauteur du travail effectué à la maison.

  • L’enseignant observe une grande variation des compétences des élèves (facilité à lire, à compter, à mémoriser du nouveau vocabulaire, etc.). Dans une classe de 30 élèves, on sait que deux élèves environ peuvent être performants dans un domaine mais en difficulté dans un autre : on dit qu’ils présentent une hétérogénéité dans leurs performances scolaires. Par exemple, l’enfant est très performant dans le domaine verbal (expression, vitesse de travail, compréhension) mais ne parvient pas à écrire ou est terriblement maladroit sur un plan gestuel.

L’entourage de l’enfant risque alors d’être dérouté. Cette incompréhension peut entrainer des interprétations hâtives comme « il est paresseux, cela dépend de sa motivation » ou

« quand il veut, il peut ! » et peut avoir un impact psychoaffectif dans le développement de l’enfant.


« La différence entre une situation Dys et de difficulté scolaire ne réside pas dans ce qui est constaté par l’enseignant : dans les deux cas, l’enfant n’entre pas dans les apprentissages. Les conditions de repérage et d’alerte sont rigoureusement les mêmes [1] ».


Donc, face à un élève qui prend du retard dans ses apprentissages, nous devons nous poser la question du trouble DYS. Pour cela, il est primordial de consulter son médecin qui va prescrire des bilans aux professionnels compétents (ergothérapeutes, orthophonistes et/ou neuro psychologues)[2].

ETAPE 2 : COMPRENDRE LE TROUBLE DYS


Que vont chercher à dépister les professionnels de santé ?

Les apprentissages qui n’ont pas été encore automatisés!


Lorsque l’enfant apprend une tâche, il doit mobiliser une certaine concentration afin d'imiter au mieux ce que l’adulte lui montre ou explique, puis il répète la tâche jusqu’à ce qu’elle soit apprise. Lorsqu’elle devient facile, efficace et moins consommatrice d’énergie, elle est automatisée. Il s'agit donc d'un apprentissage.

Cet apprentissage est dit implicite pour certaines fonctions: apprendre à lancer un ballon, à marcher, parler. L’enfant regarde et répète jusqu’à ce que cela soit automatisé.

Il est explicite lorsque, par exemple, l’enseignant explique l'assemblage de la construction des lettres dans l’activité de l’écriture, il explique comment le faire et l’enfant pratique la méthode.

Il s'agit de l'apprentissage d'un savoir-faire: cet apprentissage sera stocké dans la mémoire procédurale; ce qui veut dire qu'il est disponible sans effort de récupération (par exemple, même si on n’a pas fait de vélo pendant 20 ans, on est capable de se remettre sur un vélo sans repasser par un apprentissage)

Pour certains enfants et pour des raisons qu’on explique pas encore totalement, des activités ne s’automatisent pas et continuent à demander des efforts impactant les apprentissages scolaires :

Ce sont la lecture, l’exécution d’un geste, l’expression orale, le calcul et l’écriture.


POURQUOI? Parce que l'élève est en double-tâche : chaque fois que le cerveau est occupé à gérer une tâche non automatisée, toutes les ressources attentionnelles sont sollicitées par cette activité. Le cerveau ne peut alors plus gérer les autres actions cognitives, celles qu’on appelle de haut niveau (mettre en sens, planifier, comparer, raisonner).


schéma 2: la double-tâche dans les apprentissages


Par exemple, un enfant dysgraphique qui doit effectuer une dictée risque de dépenser une énergie et une attention trop importantes sur l’activité d’écriture. Il se peut qu’il n’ait plus assez de ressource attentionnelle pour faire attention à son orthographe ou écouter l’enseignant.


ETAPE 3 : POSE DU DIAGNOSTIC DU TROUBLE DYS


Ces professionnels de santé (ergothérapeutes, orthophonistes,orthoptistes ou neuropsychologues) à la demande d’un médecin, effectuent les bilans étalonnés dans une population de référence. Ces bilans permettent de comparer les résultats de l’enfant "bilanté" avec ceux du même âge ou de la même classe.

Il existe plusieurs raisons pour lesquels on dit que l’enfant présente des signes DYS :

  • Ses résultats le situent parmi les 2% des élèves les plus en difficulté,

  • Ses faiblesses perdurent dans le temps et les performances ne progressent pas suffisamment entre deux évaluations, malgré la rééducation, entraînant une aggravation en comparaison avec les élèves du même âge.

Par exemple, un élève qui est en difficulté dans les activités mathématiques (lire l'heure, mesurer le temps, compter son argent, poser ses opérations, retenir ses tables en calcul mental), l’ergothérapeute utilisera les tests étalonnés afin d’évaluer les compétences numériques. Cette évaluation permettra de statuer ou non sur la présence de troubles de la cognition mathématiques et de mesurer le niveau d’atteinte.

Il est primordial de tenir compte de l’âge normal des acquisitions pour mesurer le retard pour chacune des compétences.


En résumé, il convient d'orienter les enfants vers des spécialistes s'ils présentent ces signes d'appel:


  • Dyspraxie/ dysgraphie : L’enfant est maladroit, ne sait pas lacer ses chaussures, a une écriture illisible. Demandez conseil à votre ergothérapeute.

  • Dyslexie/dysorthographie : diriger les élèves repérés vers un orthophoniste.

  • Dysphasie : L’enfant ne comprend pas les consignes orales et/ou est inintelligible lorsqu’il parle. Dirigez-vous vers l’ORL et vers l’orthophoniste dès la maternelle.

  • Dyscalculie : L’enfant a des difficultés de compréhension des consignes, ne mémorise pas les tables de calcul, ne peut compter l'argent ou estimer le temps ou les quantités. Diriger vers un professionnel spécifiquement formé à ce type de difficultés. Votre ergothérapeute à Barcelone a la certification pour évaluer ce trouble et le rééduquer.


« Les enfants « dys » sont des enfants intelligents qui souffrent de ne pas pouvoir le montrer ni le prouver…. Leur capacité d’apprendre est différente, leur volonté d’apprendre est identique… » Dr Olivier Revol [3]


Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter Hélène Peteau, spécialiste des Troubles des Apprentissages diplômée aux Etats Unis et en France.


[1] Dr Alain Pouhet & Michèle Cerisier-Pouhet, « Difficultés Scolaires ou Troubles Dys ?»


[2] Voir mon article « les professionnels autour des enfants dys » pour plus d’informations


[3] citation du Dr Olivier Revol tirée du livret « pédagogie et neuropsychologie » écrit par Remy Samier et Sylvie Jacques

Retrouvez moi sur les reseaux sociaux

  • c-facebook